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Editorial de la revue

Éditorial revue 76

 

L’année 2018 a vu se multiplier des rapports en tous genres sur différents aspects de la politique du handicap. Si les rapports rendus publics ont l’intérêt de mettre en lumière des difficultés et de proposer des pistes de réflexion, ils sont souvent aussi perçus comme un énième moyen de retarder les indispensables évolutions de notre système. Le gouvernement actuel s’appuie fermement et à juste titre sur la transformation de notre modèle médico-social très institutionnalisé vers une société plus inclusive. Nous voyons en ce moment plusieurs obstacles à la réalisation de cette évolution.

 

Il devient très difficile de faire ouvrir des « places » dans des établissements classiques : IME, FAM, MAS. Le plan 3 n’avait pas prévu de places en IME, la stratégie autisme de 2018 n’en prévoit aucune pour les adultes. Nous avons toujours défendu la vie en milieu ordinaire pour nos enfants, à tout âge, le plus largement possible, mais il est dangereux de casser un système existant sans avoir conçu et organisé celui qui doit le remplacer. Or, nous sommes dans le vide : les MDPH continuent à orienter massivement les enfants autistes vers des IME inexistants, la scolarisation inclusive avec les aménagements nécessaires pour ceux qui en ont besoin n’existe que très partiellement, et les listes d’attente pour les FAM et MAS atteignent un nombre d’années faramineux. Les quelques projets d’habitat inclusif sont peu soutenus et ne trouvent pas les financements nécessaires. La société inclusive a, en effet, un coût, qui pour le moment n’a fait l’objet d’aucune évaluation sérieuse.

 

Les débuts de la stratégie autisme sont bien lents, et peu transparents, même s’il est légitime de laisser se constituer l’équipe de 6 personnes qui va la conduire. Nous avons déjà dit nos interrogations sur le forfait précoce qui ne cible pas que les enfants avec TSA, mais tous les enfants susceptibles d’avoir un trouble du neuro-développement, concept vague pour lequel il n’existe aucun indicateur, aucun signe d’alerte ni recommandations de la communauté scientifique internationale. Par ailleurs, ils représentent sans doute 15% des enfants : c’est dire à quel point la stratégie autisme est financièrement sous-dimensionnée.

 

Nous attendons donc des signes forts de la révolution à mener : refonte massive des formations initiales, en particulier celles des psychologues et des travailleurs sociaux, utilisation de l’argent public pour le soutien à la vie en milieu ordinaire, et pas en hôpital psychiatrique, parfois au long cours, ou l’institutionnalisation dans des établissements ou services dont la qualité laisse encore beaucoup à désirer. La mise en œuvre de la certification autisme Handéo est à cet égard un immense espoir pour les familles concernées : l’exigence de qualité et son contrôle doivent devenir un enjeu national, collectivement assumé.

 

Danièle Langloys et le Conseil d’Administration

 

 

 
Dernière modification : 13/11/2018
 
 

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